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Sur la petite musique qui monte en ce moment autour de l’analogie plus que fumeuse entre les caricatures et le négationnisme

Au-delà du droit, le point sur la “croyance” me paraît très fort: on met sur le même plan, de manière totalement erronée, la croyance en un Dieu et la contestation d’un fait historique avéré…
Or Dômes & Minarets (@domes_minarets) se prétend le Journal des Mosquées de France!
Rudy Reichstadt Profile picture
#Thread ⤵️Image
Ce tweet appelle quelques remarques:
1/ En France, la liberté d’expression est un principe constitutionnel. La loi encadre cette liberté principalement dans 2 cas de figures :
▪️ préserver la liberté de chacun de ne pas être diffamé, injurié ou dénigré injustement ; 
En droit 🇫🇷, le #négationnisme (visant l’extermination des Juifs par les nazis) est pénalisé précisément en ce qu’il relève de l’incitation à la haine.
Depuis 2017, les mêmes dispositions s’appliquent concernant la négation du génocide des Tutsi du Rwanda.

C’est d’ailleurs contre les propos négationnistes de Louis Darquier qu’en 1978 Wolinski avait fait cette couverture de #CharlieHebdo qui, lue hors contexte, pourrait être vue comme choquante car perçue comme une manière de tourner l’Holocauste en dérision (il n’en est rien).Image
On peut donc très librement, en France, faire de l’humour, de l’humour noir et même très noir, sur les événements les plus épouvantables et les plus tragiques de l’histoire, l’Holocauste n’échappant pas à la règle. A condition que cela ne relève pas de l’incitation à la haine. 
2/ L’analogie introduite par @domes_minarets est douteuse à plus d’un titre :
▪️ elle joue subrepticement sur une forme de compétition victimaire, identifiant le blasphème (qui n’est plus un délit depuis… 1791) à une forme de racisme ; 
▪️ mettant sur le même plan un événement historique (l’Holocauste) et une croyance particulière (Dieu, son prophète présumé, etc.), elle brouille la frontière entre fait établi et opinion, connaissance et croyance, savoir et foi, histoire et mythologie ; 
▪️ partant, elle suggère que le génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est un dogme (le parallélisme des formes suggérerait pourtant qu’on se demande s’il est possible, en France, de se moquer par ex des prophètes de la religion juive plutôt que de “l’Holocauste”). 
3/ Enfin, là où la question posée par @domes_minarets est problématique (admettons un instant qu’elle soit sincère et dénuée d’arrière-pensée), c’est qu’elle fait complètement fi du contexte. 
Le contexte, le voici : cela fait + de 8 ans que la France est victime d’attentats terroristes commis au nom de l’islam et, la semaine dernière, plusieurs dirigeants de pays à maj musulmane appellent à boycotter… la France ! Comme si ce n’était pas la France qui était attaquée. 
Mais ce qu’il faut rappeler inlassablement, c’est que le débat sur la liberté d’expression et ses limites s’efface complètement derrière l’irruption de violence inouïe à laquelle on a assisté à #Conflans, à #Nice et ailleurs avant cela. 
Si @domes_minarets demeure malgré tout attaché à son analogie Mahomet/Holocauste, il faut rappeler que personne n’a jamais été assassiné pour avoir fait des dessins irrévérencieux, vulgaires, choquants ou même haineux sur “l’Holocauste”. Jamais. Ni avant ni après la loi Gayssot. 
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JPL cm

Des films, de l'InfOld et des K7 ChOuettes.

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